Une planète très seule.



Une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’Université de Montréal a découvert et photographié une nouvelle planète située à 155 années-lumière de notre système solaire.

La planète GU Psc b et son étoile GU Psc composée d’images dans le visible et l’infrarouge prises au télescope Gemini Sud et une image infrarouge prise au télescope CFH. La lumière infrarouge étant invisible à notre œil, les astronomes utilisent un code de couleur où l’infrarouge est représenté par la couleur rouge. GU Psc b est plus brillante en infrarouge que dans les autres filtres, c’est pourquoi elle apparaît en rouge sur cette image.

Une planète géante gazeuse vient s’ajouter à la courte liste des exoplanètes découvertes par imagerie directe. Elle se trouve autour de GU Psc, une étoile trois fois moins massive que le Soleil et située dans la constellation des Poissons. L’équipe de recherche internationale dirigée par Marie-Ève Naud, étudiante au doctorat au Département de physique de l’Université de Montréal, a réussi à trouver cette planète en combinant des observations provenant du télescope de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM), du Télescope Canada-France-Hawaii (TCFH), du télescope Keck et des télescopes Gemini Nord et Sud.

Une planète distante qui se laisse étudier en détail

GU Psc b est située à environ 2000 fois la distance Terre-Soleil de son étoile, un record parmi les exoplanètes. Étant donné cette distance, il faut environ 80 000 années terrestres pour que GU Psc b fasse une orbite complète autour de son étoile! Les chercheurs ont d’ailleurs profité de la grande distance qui sépare la planète de son étoile afin d’en obtenir des images. En comparant des clichés obtenus dans différentes longueurs d’onde (couleurs) à l’OMM et au TFCH, ils ont pu correctement détecter la planète.

L’observation d’une planète ne permet cependant pas de déterminer directement sa masse. Les chercheurs utilisent donc des modèles théoriques d’évolution planétaire pour établir ses caractéristiques. Le spectre de la lumière de la planète, obtenu au télescope Gemini Nord, à Hawaii, a pu être comparé à des modèles pour montrer que celle-ci aurait une température aux alentours de 800 °C. Connaissant l’âge de GU Psc par son appartenance à AB Doradus, l’équipe a pu déterminer sa masse, comprise entre 9 et 13 fois celle de Jupiter.

L'équipe a entamé un projet afin d’observer plusieurs centaines d'étoiles et de détecter des planètes plus légères que GU Psc b sur des orbites comparables. La découverte de GU Psc b, un objet certes rare, permet de prendre conscience de la distance importante qui peut exister entre certaines planètes et leur étoile, ce qui laisse entrevoir la possibilité de chercher des planètes avec des caméras infrarouges performantes à partir de télescopes beaucoup plus petits, tels que celui de l’Observatoire du Mont-Mégantic. Les chercheurs espèrent aussi en savoir davantage sur l'abondance de tels objets d'ici quelques années, notamment grâce aux instruments GPI, SPIRou pour le TCFH et FGS/NIRISS pour le télescope spatial Webb.

Information additionelle

Communiqué de presse officiel.

Observatoire du Mont-Mégantic
Centre de Recherche en Astrophysique du Québec (CRAQ)
Université de Montréal
Télecope Canada-France-Hawaii
Observatoires Gémini.
Observatoire W.M. Keck

Sources:
Marie-Ève Naud, CRAQ – Université de Montréal
514 343-6111, ext 3797
naud@astro.umontreal.ca

René Doyon, Directeur, Observatoire du Mont-Mégantic
Professeur, Départment de Physique, CRAQ – Université de Montréal
514 343-6111, ext 3204
doyon@astro.umontreal.ca

Information:
Olivier Hernandez, Ph. D.
CRAQ – Université de Montréal / Responsable des relations média.
514 343-6111, ext 4681
olivier@astro.umontreal.ca
@OMM_Officiel | @CRAQ_Officiel